Skinheads : qui sont-iels ?

EDIT : 15 décembre 2018.

Bonjour à toutes et à tous ! Tout d’abord toutes mes excuses pour le temps que cet article a mis à sortir… Mon entrée en master a suscité de nombreuses péripéties et donc a demandé énormément de temps !

Suite au sondage pour le choix du thème de l’article précédent (> Bipolaire ou lunatique ?), me voilà alors lancée sur un mouvement de pensée ! Le sujet de cet article a surtout été influencé par mon voyage en Italie (où vous pouvez retrouver mes photos sur facebook Instants Maléfiques / instagram Instants Maléfiques / le hashtag #InstantsMalefiques), pays où nous pouvons observer la dangereuse montée de l’extrême-droite dans son gouvernement… J’ai alors voulu, comme à mon habitude, écrire un article dont le but est de déconstruire les idées préconçues. C’est pourquoi j’ai choisi de traiter le mouvement SKINHEAD !

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(Photo prise sur https://trojan-skin-69.skyrock.com/)

Origine du mouvement

Le mouvement Skinhead est né au Royaume-Uni dans les années 1960. Un.e Skin était un.e jeune blanc.he, prolétaire, et britannique, qui n’était rattaché.e à aucun mouvement politique. Iel avait un comportement bien précis, et s’était réapproprié.e le style vestimentaire (devenu code) et musical des vagues d’immigration noires au Royaume-Uni, avec qui iel partageait son quartier.
À l’origine donc, la musique qui caractérisait ce mouvement était le rock jamaïcain, le ska, puis le reggae. Ce n’est que dans les années 1970 que le mouvement Skinhead fut caractérisé par le punk rock (fin ’70), et enfin la Oi !. Le mouvement a donc suivi l’évolution des courants musicaux de la seconde moitié du XXème siècle.
C’est grâce à ces points communs (origine sociale, amour de la musique noire notamment jamaïcaine, goût pour la bagarre) que le mouvement rassemblait des personnes aussi bien noires que blanches.

Vous voyez donc que l’origine des Skinheads n’a absolument rien à voir avec le nazisme… Il s’agissait d’une fusion entre culture prolétaire blanche et culture des jeunes noir.e.s antillais.e.s et jamaïcain.e.s (les Rude Boys). Mais alors comment on en est arrivé à ce désastre me diriez-vous ?

Evolution

Comme je vous le disais dans la partie précédente, le mouvement Skin a vu le jour dans les années 1960 et s’est vu évoluer à travers les décennies.
C’est à l’issue d’une crise sociale et politique, que des mouvements racistes sont apparus. Des bandes organisées, certaines provenant des riders-rockeurs (Hells Angel, Rebels) et essentiellement localisées sur Paris, se voient séduites par les textes néonazis du groupe anglais Skrewdriver et sont récupérées par les idées de l’extrême-droite anglaise et française (qui avait besoin de gros bras) à coup de propagande douteuse. C’est donc à la fin des années ’70 / début ’80, qu’une vraie rupture s’établie entre les skins.

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(Photo prise sur https://pantophoby.skyrock.com/)

La population française a peur de ces skins car le peuple a l’image qu’iels deviennent majoritaires dans le mouvement ; iels ont la main mise sur les quartiers parisiens et sont violent.e.s dans les rues. Afin de contrer cette montée, des Skins anti-racistes, aidé.e.s par des gangs de jeunes de banlieue montent sur Paris, et des bandes organisées antifascistes et « chasseur/se de skins » telles que les Black Panters ou les Ducky Boys (première bande officiellement chasseurs de Rebels et anti-skins nazi.e.s) se crées et s’associent au mouvement punk dans cette lutte.
* Certaines d’entre elles étaient déjà chasseur/se.s de Rebels, elles ont simplement élargi leur lutte face à l’émergence des Skinheads revendiqué.e.s néo-nazis. C’est une guerre idéologique, et bien physique qui se passe dans les rues.

 

 

Les Skinheads n’ayant pas choisi cette branche se tournent vers le bord gauche de la politique, ou se proclament apolitiques.

C’est donc à la suite de cette rupture que le mouvement Skin a évolué vers des banches différentes.

Différentes branches

Après cette scission, le mouvement s’est divisé en d’autres filières, notamment par leur bord politique.

Pour les apolitiques, on retrouve principalement les Trojans, qui restent dans l’origine de base du mouvement. Même s’iels se proclament apolitiques, iels constituent une bonne partie des SHARP (SkinHead Against Racial Prejudice).

Du côté de l’extrême-droite on retrouve surtout les branches nationalistes, néonazies, suprémacistes, néofacistes… tel que les Boneheads. On les repère généralement par le port de lacets blancs à leurs chaussures (comme un signe pour le white power).


♦ Témoignage de Vito, Skin Nationaliste ♦ :
– Moi : C’est quoi pour toi, être skin ?
– Vito : Être skin c’est un mode de vie, une façon de voir la société autour de nous et de se dire qu’on l’emmerde.
– Moi : Te considères-tu comme skinhead ? Si oui quel type/branche ?
– Vito : Oui, je suis un skin nationaliste, mais je n’appartiens à aucun mouvement ou groupe politique.
– Moi : Qu’est-ce qui dans ton quotidien te fait sentir skin ? Est skin ?
– Vito : Le fait que tout le monde te regarde et arrête de parler quand tu montes dans un bus, les regards dans la rue, le fait de se démarquer des autres.
– Moi : Avant d’être skin, t’es-tu déjà renseigné sur l’origine du mouvement ? Et t’a-t-il plu au premier abord ?
– Vito : Oui je m’étais renseigné pendant ma période punk au début de mon adolescence, et le mouvement m’intéressait : le look, les Docs cirées, les ourlets au millimètre près, j’ai très vite acheté un Fred Perry et une tondeuse à cheveux.
– Moi : Excuse-moi il y a juste un truc que j’ai du mal à comprendre, comment tu as pu passer d’une période punk à skin nationaliste ?
– Vito : Je suis passé de punk à redskin. Le milieu antifa m’a saoulé, ce mouvement c’est 90% de mecs qui ont vu le documentaire Antifa Chasseurs de Skins et qui veulent faire pareil. Du coup je suis devenu apolitique. Puis j’ai lu des livres, et je suis devenu nationaliste.


Pour ce qui est de l’extrême-gauche, on retrouve tout d’abord les Redskin : skinheads antiracistes arrivé.e.s d’Angleterre au milieu des années 1980 afin de lutter contre la montée de skin nazis. Leur nom provient de Red qui est rouge en anglais, rappelant ainsi l’idée communiste, idée contre laquelle se battent les skins d’extrême-droite (à l’inverse, eux, ont les lacets rouges). Existe aussi les SHARP (mouvement arrivé des USA) que je mentionnais un peu plus haut, qui se sont développé.e.s tout d’abord en tant qu’apolitique, ne voulant pas prendre part à la division du mouvement dans les années 1980.


♦ Témoignage anonyme, SHARP ♦ :
– Moi : C’est quoi pour toi, être skin ?
– Anonyme : Pour être skin ? Comme le dit le chanteur de Bad Manners (groupe de ska) dans le reportage Skinhead Attitude, être skin c’est aimer le football, aimer le ska, bien se saper, être prêt.e à assurer s’il y a de l’action, et surtout être antiraciste. Mais pour être plus exact ce n’est pas qu’une question de look, c’est une attitude, un mode de vie.
– Moi : Pourquoi l’antiracisme et le mouvement Skinhead ne peuvent pour toi pas être liés ?
– Anonyme : Car à partir du moment où t’es nazi tu ne peux pas être skin. Comme l’a dit Rody Moreno -chanteur du groupe The Oppressed- tu ne peux pas être Skinhead et nazi puisque sans la Jamaïque les Skinheads n’existeraient pas. Iels s’habillent comme nous, écoutent notre musique et se disent Skinhead. Mais la vérité c’est qu’un.e nazi ne sera jamais un.e vrai.e skin parce que ça n’a aucun sens. Fondamentalement l’extrême droite combat l’immigration et le métissage des cultures, alors que le mouvement skin est né de l’immigration et du métissage des anglais et des rudies … « Nazi Skinhead » c’est un foutu non sens, ces deux mots ne devraient pas être mis côte à côte.
– Moi : Te considères-tu comme skinhead ? Si oui, de quel type/branche ?
– Anonyme : Oui je me considère comme skinhead et j’en suis fier.e. Je me revendique de la mouvance SHARP et des Bovver Boys. SHARP c’est Skinhead Against Racial Prejudice qu’on pourrait simplifier en français comme skin antiraciste. Mais ce n’est pas de la politique : c’est du bon sens. Moi je suis apolitique, mais être skin et antiraciste ça va de paire pour moi. Les Bovver Boys ce sont les « fouteur/se.s de merde des stades de football anglais » dans les années ’70 ’80 ’90 avant l’arrivée des Casuals. Iels avaient l’image de bagarraeur/se.s aux cheveux rasés et Dr Martens. Avec le temps, le terme est un peu devenu générique et designe les skin qui font partie des branches les plus ferventes du supporterisme. Il faut savoir que les skins ont toujours été lié.e.s à la culture foot.
– Moi : Qu’est-ce qui dans ton quotidien te faire sentir skin ? Est skin ?
– Anonyme : Dans mon quotidien ? Bah c’est dur a dire ! Quand j’étais plus jeune, être skin avec les copains/copines c’était être une meute de loups, c’était avoir la haine et la cracher à la gueule du monde, c’était une révolte. Avec les années qui passent, je me dis qu’être skin au quotidien c’est justement être skin au quotidien : je me lève skin, je respire skin, je bouffe skin. C’est ce que je suis, ça coule dans mes veines.
– Moi : Avant d’être skin, t’es-tu déjà renseigné.e sur l’origine du mouvement ? Et t’a-t-il plu au premier abord ?

– Anonyme : Avant d’être skin je n’étais pas super renseigné.e, j’écoutais surtout du punk puis j’ ai traîné avec un skin, et parallèlement je m’étais mis.e à écouter pas mal de reggae (du vrai reggae), puis c’est venu petit a petit. Quand j’ai commencé à m’intéresser a cette culture, je ne me suis pas dis « ah pxtain c’est cool je veux en être ! ». En fait depuis gamin.e j’ai un truc qui brûle à l’ intérieur prêt a exploser à tout moment, quand j’ ai apprivoisé la culture skinhead j’ai posé un nom sur ce qui me brûlait de l’intérieur. Je me suis dis ça y est, c’est ça. Un peu comme quand on dit d’un.e jeune marginal.e qu’iel se cherche. Moi c’est là-dedans que je me suis trouvé.e.
Ajout : Voilà, je pense avoir répondu, j’ai oublié de parler de la classe ouvrière et de son importance mais j’avais peur de m’éloigner des questions.

 

Je tiens à préciser que ceci est une liste non exhaustive, elle n’a pas le but de mettre chaque personne skinhead dans une catégorie. Chaque personne a ses idées, et ne souhaite pas forcément se rattacher à une branche précise (et ne respecte pas forcément le code couleur des lacets). Le but de cet article est avant tout d’être informatif et de montrer que non, tou.te.s les skinheads ne sont pas nazis 😉.
De plus, le mouvement (comme tout mouvement d’ailleurs) s’est construit de différents côtés, et un peu comme il le pouvait. Il n’y a donc pas d’histoire précise, mais des faits importants que j’ai voulu éclairer dans cet article.

Sources :

Reportage « Gangs Story – Episode 1 : Les années rock »
Wikipédia
Témoignages

Merci à Vito et X pour leur relecture et leurs témoignages.

Maleficent

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Bipolaire ou lunatique ?

[CW : maladie mentale]

Bonjour ! 🙂 Tout d’abord, merci aux 26 personnes qui ont voté afin de choisir le thème qui sera traité dans cet article. Vous avez été 16 à préférer que je traite de psychologie, contre 9 pour un mouvement de pensée et/ou musical (et 1 à faire une suggestion particulièrement intéressante !). Mais rassurez-vous, le prochain article traitera d’un mouvement du coup… 😉
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J’ai alors choisi de continuer dans la lignée de mon article précédent (> Schizophrénie : est-ce vraiment ce que vous croyez ? que tu peux retrouver en cliquant sur son nom ^^) des erreurs à ne pas commettre lorsque l’on veut faire de la psychologie de comptoir. J’ai nommé….. *roulement de tambour* …. LA BIPOLARITÉ ! Qui est BEAUCOUP TROP souvent utilisée à tout va.

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Présentation

Le trouble bipolaire, également appelé trouble maniaco-dépressif jusqu’en 1980, est un trouble de l’humeur et du comportement qui se caractérise par une variation anormale de l’humeur, constituée de deux principaux épisodes qui s’alternent dans le temps : la phase maniaque et la phase dépressive. On mentionne aussi un état mixte, qui correspond au passage d’un épisode à l’autre. (J’explique dans la partie suivante comment ces épisodes se manifestent t’inquiète).
Il existe plusieurs degrés de bipolarité (les chercheurs s’accordent en majorité pour dire qu’il y en a 3), qui définissent le niveau de sévérité du trouble.

La durée des cycles est variable selon chaque individu et les états sont influencés par des facteurs physiologiques (c’est-à-dire par exemple l’âge, l’environnement familial, …) ou secondaires (les drogues). Sa cause n’est pas clairement définie, on pense notamment à la vulnérabilité de la personne au niveau génétique (des gênes plus « faibles » que la moyenne, qui sont moins résistants, de grosses périodes de stress répétées), un environnement pas sain et pas safe, ou encore une enfance difficile. On estime qu’il y a 1 à 2% de la population française touchée par cette maladie (~1 000 cas) et que son apparition se fait majoritairement au début de l’âge adulte.

Symptômes

Comme je l’ai dit précédemment, le trouble bipolaire est constitué de 2 pôles principaux (≠ trouble unipolaire où il n’y a qu’un seul épisode). /!\ Ces symptômes doivent persister dans le temps et sont gênants pour la personne qui les subit.

  • L’épisode dépressif

Selon la Classification Internationale des Maladies, on retrouve approximativement les mêmes symptômes que la dépression ; à savoir la tristesse, perte d’intérêt, d’énergie et d’estime de soi, difficulté de concentration et de mémorisation, idées noires voire comportement suicidaire, troubles de l’appétit, du sommeil et de la libido.

  • L’épisode maniaque

Toujours selon cette même classification, cette phase doit durer au moins 4 jours consécutifs et doit être différente du fonctionnement habituel de la personne. Au moins 3 de ces symptômes doivent être recensés : agitation physique, augmentation du désir de parler, de l’énergie sexuelle et de la sociabilité (de manière excessive), distractibilité, réduction du besoin de sommeil, conduites irresponsables voire à risque (achats compulsifs, sexualité, drogue…). Il s’agit d’une période euphorique où la personne a envie de tout faire et se sent capable de tout.

  • L’épisode mixte

Il s’agit d’une période d’entre-deux, de « rémission », où l’on peut percevoir le comportement « habituel ». C’est généralement à ce moment là que les comportements dépressifs et maniaques s’entremêlent. Ces phases se voient cependant de moins en moins présentes, jusqu’à en devenir inexistantes avec le temps.

/!\ Il est HYPER IMPORTANT de noter que comme dans toutes les pathologies, chaque sujet est différent et va ressentir et vivre de manière différence son trouble.

Mais alors, c’est quoi être lunatique ?

Être lunatique, c’est être une personne qui a du mal à gérer ses émotions et donc qui passe rapidement de l’une à l’autre sans les contrôler. La personne a donc l’humeur changeante (changement relativement rapide par rapport à la moyenne). C’est perturbant pour elle et pour les autres, mais il s’agit d’un trait de caractère, voire d’un trouble de l’humeur mais qui n’est pas psychiatrique. Il n’y a pas de cause, de raison connue, c’est simplement la personnalité de l’individu.

Pourquoi il ne faut pas confrondre les deux et utiliser le terme bipolarité trop rapidement

Et bien déjà parce que la bipolarité est une pathologie, tandis qu’être lunatique est un trait de caractère. Mais également parce que la bipolarité fait partie des troubles du comportements (ce qui n’est pas le cas des personnes lunatiques). De plus, en termes de temporalité, les deux sont complètement différents : un sujet lunatique pourra changer d’humeur en quelques heures, jours ; tandis qu’une période chez un sujet bipolaire est beaucoup plus longue (semaines, mois, voire années).

Utiliser le terme de bipolaire au lieu de parler d’une personne lunatique (ou alors simplement qui change d’humeur/de comportement rapidement) minimise voire invisibilise la pathologie et ses conséquences. Il s’agit d’une maladie qui compte parmi les 10 les plus coûteuses et invalidantes selon l’Organisation Mondiale de la Santé !

La bipolarité est un trouble qui affecte la vie quotidienne de la personne sur de nombreux plans (sa vie relationnelle, professionnelle, affective…), il se manifeste sous forme de crises et désorganise la personne. Le sujet subit les symptômes de son trouble, mais également ce qui y est lié : possible hospitalisation, traitement médicamenteux et thérapeutiques, risque suicidaire augmenté de 20% (selon l’OMS), difficultés d’avoir des relations stables… Bref, être bipolaire n’est pas une partie de plaisir, ce n’est pas quelque chose dont on peut rire (seul.e.s les concerné.e.s peuvent se le permettre), se moquer, ni même dire « haan je suis trop bipolaiiiiraaanh » parce que tu ris 10 minutes après avoir pleuré > la vie quotidienne d’un.e personne lunatique n’est pas spécialement bouleversée par ce trait au contraire d’une bipolaire.
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Une illustration de ce trouble que je trouve particulièrement réussie est le personnage de Ian dans la série américaine [ATTENTION SPOIL] Shameless.

Afin de finir sur une note plus positive, voici des œuvres effectuées par des personnes bipolaires (ou fortement suspectées de l’être) 😊.
Et oui ! Comme d’autres pathologies, la bipolarité favorise l’émergence de la créativité, et est même une aide à vivre avec sa maladie. L’art peut beaucoup aider à exprimer ses émotions et peut être un très bon complément de suivi des thérapies les plus recommandées pour les personnes bipolaires (qui sont la psychanalyse, la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur la reprise de confiance en soi, ainsi qu’une aide médico-éducative pour mieux comprendre le trouble).

Vincent VAN GOHG – Nuit étoilée sur le Rhône

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Hector BERLIOZ – La Damnation de Faust (marche hongroise) (clique pour accéder au lien youtube !)

Charles BAUDELAIRE où vous retrouverez les poèmes ici

Sources :

Mes cours de première année de licence de psychologie (dossier sur le trouble bipolaire), le site de psychologie Psycom, brochure sur les troubles bipolaire rédigée par le psychiatre J.-D. Guelfi, le site lebipolaire.com, et divers dictionnaires pour chercher la définition de lunatique.

Merci à Cynthia pour sa relecture.

Maleficent

Schizophrénie : est-ce vraiment ce que vous croyez ?

[ CW : maladies mentales, drogues, médicaments , violence ]

Salutations ! Aujourd’hui petit article sur les troubles schizophréniques afin d’apporter des précisions sur cette pathologie et de déconstruire des idées reçues :).

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Présentation

Les troubles schizophréniques sont des troubles psychiques dus à un dysfonctionnement du cerveau, ils touchent principalement les éléments en lien avec la désorganisation et les hallucinations. Il s’agit d’un syndrome relativement rare puisqu’il ne touche qu’1% de la population (environ 600 000 personnes en France). En général, il se déclare entre 15 et 25 ans et agit sur plusieurs périodes (précédant l’arrivée du trouble > expression des premiers signes > les trois premières années avec le trouble > sur le long terme).

Symptômes

On remarque des symptômes classés en deux catégories : les symptômes dits « positifs », qui viennent en plus par rapport au fonctionnement normal ; et les « négatifs » qui sont en moins d’un comportement dit normal. On observe notamment :
Troubles cognitifs, principalement sur l’attention, la mémoire, et les mouvements.
Désorganisation au niveau émotionnel, intellectuel et comportemental. On retrouve par exemple des troubles du mouvement, un rapport au temps discontinu, un sentiment de dépersonnalisation (quelque chose en soi qui a changé) et de déréalisation (quelque chose a changé dans le monde extérieur), ainsi qu’une incohérence dans le langage.
Hallucinations, elles peuvent toucher tous les sens ainsi que la pensée.
Délire avec des interprétations erronées et délirantes. Ceci se rapproche notamment de la paranoïa dans le sens où ces deux pathologies provoquent des idées fausses.
– Le repli sur soi, perte de motivation ; qu’on retrouve également dans la dépression.

Une personne peut être diagnostiquée si elle répond aux critères inscris dans le DSM (livre qui regroupe toutes les maladies et syndromes en psychologie et psychiatrie). Pour le cas des troubles schizophréniques, il faut que le sujet réponde à 2 symptômes sur les 5 cités, et qu’au moins un des deux concerne les hallucinations ou le délire. /!\ Ces symptômes doivent être sur le long terme (ici au moins 6 mois) !

Clichés : schizophrénie ≠ trouble dissociatif de l’identité et violence

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(Photo du film Split)

Les troubles schizophréniques NE SONT PAS la même chose que le trouble dissociatif de l’identité ! Le TDI est une maladie mentale qui est diagnostiquée dans le cas où une personne ressent qu’elle a plusieurs identités qui coexistent en elle (minimum 2). Chacune de ces personnes est différente, que ce soit en termes d’âge, de talent, de genre, et même de langue ! Il s’agit vraiment de plusieurs personnes (appelées Alters) enfermées dans un même corps. C’est souvent représenté dans l’art, notamment au cinéma avec les films Split et [ATTENTION SPOIL] Fight Club. * À noter que le film Split est à prendre avec de GROSSES pincettes ! Il véhicule des clichés dangereux qui ne reflètent pas la réalité, notamment concernant la violence.
Ce trouble est souvent associé à la schizophrénie par erreur. Même si certains symptômes sont similaires (anxiété notamment), les personnes atteintes n’ont pas du tout le même comportement ni les mêmes points de vue sur le monde réel.

Un autre cliché qui a la vie dure : les schizophrènes seraient violents.
Eh ! Sachez qu’ils ne sont pas toujours placés en hôpitaux psychiatriques !
Mais rassurez-vous, ceux n’étant pas hospitalisés ne sont pas dangereux pour les autres (c’est le but de la psychiatrie : être placé.e en hôpital car on est violent.e pour soi-même et/ou pour les autres). La violence chez les schizophrènes est principalement tournée vers eux-mêmes, si elle l’est vers les autres, c’est surtout dans une idée de paranoïa. Ils se sentent persécuté.e.s et vont vouloir se protéger.

Qui peut être touché par les troubles schizophréniques ?

Dans l’absolu, tout le monde étant donné qu’on ne connait pas vraiment les causes de ce syndrome. Mais il y a des groupes sociaux plus touchés que d’autres comme par exemple les personnes ayant subi des stress très forts (pour donner une idée de la grandeur du truc, par exemple des personnes ayant immigrées), les consommateurs de cannabis (voir mon article La beuh, la médecine, et le corps : le cannabis aide à déclencher le gêne de schizophrénie, mais ce gêne est DEJA LÀ de base !), ou encore un.e adolescent.e venant d’une famille où il y a déjà quelqu’un.e schizophrène, etc.

Être schizophrène est épuisant, mais pour les proches également. Les délires de la pensée peuvent entraîner de nombreux conflits, les troubles du langage une mauvaise communication, le manque de motivation être perçu comme simplement de la flemme.

Comment les traiter ?

Grâce à des médicaments (oui…) prescrits au cas par cas, des thérapies, et une grosse réadaptation de la vision du monde et des liens avec les proches. Mais il est impossible de s’en débarrasser… Il s’agit d’une pathologie difficile à vivre et à assumer au quotidien, on recense qu’un schizophrène sur deux a fait au moins une tentative de suicide au cours de sa vie.

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(Dessin : « Schizo Puzzle » by enemycamp – Ole Semko ©)

Cet article n’est qu’une introduction au vaste spectre que sont les troubles schizophréniques. Il ne s’agit ici que d’éléments en gros, qui permettent simplement d’adopter un regard un plus correct sur ce qu’est la schizophrénie.
Notons qu’il existe plusieurs types de schizophrénies en plus de la « simple », c’est pour ça qu’on préfère parler de troubles schizophréniques ; chacun de ces types est dominé par un symptôme (exemple :  schizophrénie paranoïde dominée par le symptôme de paranoïa). Il est également important de rappeler que chaque cas est particulier, et donc l’expression des symptômes est propre à chaque sujet !

Pour aller plus loin, je vous invite à lire le témoignage de Yoann, diagnostiqué schizophrène. Et également voir des films, comme les célèbres Black Swan et Psychose.

Sources :

Mon cours de psychologie avec monsieur Rey, psychiatre au Vinatier de Lyon et le site synapsespoir.

Merci à Lydie pour sa relecture.

Maleficent

La beuh, la médecine, et le corps

[ CW : drogues, médicaments, maladies mentales ]

Bonjour ! Comme nous sommes au mois de mai et que de mars à octobre c’est la bonne saison, je vais vous parler d’un sujet légèrement délicat en France : LA BEUH !

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Un peu d’histoire

L’utilisation du cannabis (telle qu’elle est le plus souvent utilisée) remonte à un temps fort fort lointain : avant J.-C. Le chanvre était utilisé pour des rites ou même pour fabriquer du papier par exemple. Sa première utilisation médicinale nous vient de Chine ; il y a près de 5 000 ans, elle servait notamment à traiter certaines maladies neurologiques. C’est à travers toute l’Asie (particulièrement l’Inde et la Chine) que les bienfaits médicinaux du chanvre se sont transmis près de deux millénaires avant Jésus Christ. Mais ce n’est pourtant que vers les années 1990 que son utilisation à des fins thérapeutiques a été redécouverte en Occident malgré son importation et sa connaissance depuis l’époque coloniale.

Aujourd’hui

Même si l’herbe n’est toujours pas légale en France malgré son important facteur social, de nombreux pays se sont penchés sur la question du fait de ses bienfaits sur la santé.

Pour vous donner une petite idée du truc, une liste de ce que l’herbe soulage :
– Tout d’abord, un point super important : le cannabis ralentit le développement des cellules cancéreuses ! Et aide aussi à supporter les effets secondaires de la chimio tels que les vomissements
– Ralentit la maladie d’Alzheimer
– Utilisé dans les cas de TCA (= Trouble du Comportement Alimentaire) tels que l’anorexie ou même lorsque quelqu’un souffre du sida –> il donne faim, donc ça incite à manger
– Aide à se relaxer et à DORMIR : et donc fini (ou presque) les insomnies !
– L’herbe peut aussi être prise comme antispasmodique, elle peut par exemple aider les personnes souffrant de sclérose en plaques et épilepsie (elle réduit les crises)
– En guise d’antidépresseur et anxiolytique
– On peut aussi observer d’après des témoignages que certaines femmes ou autres personnes réglées voient leurs douleurs de menstruations diminuer. Aucune étude n’a montré de résultats vraiment significatifs et précis sur ce point, mais ça reste quand même sympa de le savoir ;). Ce serait grâce à ses propriétés analgésiques
(= soulage les douleurs chroniques)
– Aide également pour les migraines et les glaucomes

Ceci n’est qu’une liste exhaustive car il est très difficile de faire une liste réelle de toutes les propriétés bénéfiques du cannabis du fait de sa connaissance assez floue au niveau scientifique et de sa mauvaise image véhiculée (la drogue c’est mal m’voyez). Mais on note quand même que des études sont de plus en plus effectuées, notamment sur des dérivés du chanvre qui montrent des applications prometteuses :). Par exemple sur le traitement des TOC (= Troubles Obsessionnels Compulsifs) et le Syndrôme de la Tourette.

Il faut tout de même garder à l’esprit que le cannabis ne sert pas de médicament, il ne guérit pas tout : il a surtout une fonction d’aide et diminue la douleur, qui dans la plupart des cas présentés ci-dessus est permise par la molécule de CBD (légale en France !). Mais aussi, les réactions seront en fonction de l’individu (corpulence, tolérance, appétit, morphologie, …) !

Les risques

Malgré ses nombreux bienfaits, la consommation d’herbe implique quand même des effets indésirables qui nécessitent d’être connus. Sans compter les yeux rouges, la pâteuse, et la foncedalle (pour les non-initiés : CA DONNE FAIM !), on peut noter qu’il est dangereux de conduire sous l’effet de la défonce car cela ralentit les réflexes et altère à la concentration. Les consommateur.ice.s voient également leur mémoire flancher (et ce qui est associé : concentration, apprentissage) du fait de la diminution des fonctions neurologiques, que ce soit pendant leur défonce mais aussi de manière durable lors de consommation régulière. En somme, l’herbe a tout de même de gros effets néfastes sur le cerveau au long terme lors d’une consommation régulière.

Pour ce qui est des risques physiques, c’est surtout au niveau de la respiration à cause de certaines mollécules pas très cool dans la fumée dégagée par le fait que la substance soit brûlée. D’autant plus que généralement (ouais on a pas tous les moyens de fumer que des purs hein) l’herbe est associée au tabac. Mais pendant sa prise, d’autres signes sont présents : tachycardie, potentiels vomissement, vertiges, bouffées de chaleur.

De plus, une consommation régulière de cannabis PEUT activer le gêne de la schizophrénie. /!\ Il est quand même important de préciser que ce gêne est DEJA PRESENT chez le sujet, la consommation aide juste à son activation. Les consommateur.rices peuvent aussi devenir « parano » (≠ pathologie paranoïa), principalement lorsque la matière est prise sous forme de hashish (le shit quoi).
> Vous pouvez retrouver un petit passage sur le lien entre le cannabis et la schizophrénie dans mon article La schizophrénie : est-ce vraiment ce que vous croyez ?

En gros

Le principal facteur jouant sur les effets (positifs comme négatifs) de la prise de cannabis est la singularité de la personne (morphologie, résistance à la substance, …) ; mais également le contexte de prise, par exemple l’herbe peut aider certaines personnes pour leur anxiété, mais en rendre d’autres plus angoissé.e.s et renfermé.e.s sur eux/elles-mêmes. Il est aussi important car il est possible de faire des « bad trip » (mauvais trip).

En somme, de nombreux pays ont légalisé le cannabis médical suite aux expériences menées et leurs résultats révélés positifs. Pour la France, on attend toujours !

Sources :

Principalement NewsWeed, e-Santé et Wikipedia.

Merci à mes relectreur.ices : Léna, Lydie, Jean, et Tanguy.

Maleficent

Bienvenue ! :)

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Bienvenue à toutes et à tous sur mon blog ! Pour une brève présentation, je suis Maleficent, j’ai 20 ans, et je suis en Master 1 de psychologie clinique psychopathologie psychanalytique à l’Université Lyon 2. J’adore écrire depuis le collège, et j’ai décroché mon bac L à Grenoble. Ca fait un moment que je me tâte à faire un blog, et puis finalement je me suis lancée ! Le but ? Partager. J’écrirai des articles sur divers sujets tels que la musique, la psychologie, la culture générale…

J’espère que mon travail vous plaira :). Si vous avez des requêtes, des critiques, des sujets que vous aimeriez aborder, vous pouvez m’envoyer un petit message sur ma page facebook dédier au blog : Maleficient Press ou me laisser un commentaire sur le blog.

• Je fais aussi un petit peu de photo : Instagram @instantsmalefiques / Facebook : Instants Maléfiques / Hashtag #InstantsMalefiques

Au plaisir de vous revoir

Maleficent